.5. La réforme de REACH :

Avril 2018: le danger NANO. pris.en.compte



Le 26.avril.2018, le comité d’experts de la Commission Européenne a enfin brisé l’omerta : la réforme en cours de REACH* prend en considération l’extrême dangerosité des NANO et classe expressément l'inhalation comme la voie royale d'exposition aux nanoparticules.

Cette reconnaissance tardive, mais officielle, de l’Union, est un atout formidable pour ceux qui trouvaient criminel qu’on ait pu ajouter des NANO sans contrôles, à des produits déjà tueurs, largement projetés dans l’air que nous respirons par des agriculteurs non informés.

Aujourd'hui, on possède également les preuves que les pesticides pénètrent bien au cœur des cellules humaines (voir l’exemple du fongicide SDHI relaté en première page).

Car le projet de Règlement modificatif (adopté à l'unanimité) par le comité d'experts européens chargés de la révision de REACH est très fort, très explicite. Et il réclame des essais de toxicité "NANO" obligatoires par voie respiratoire, tissus pulmonaires et cérébraux. Et on peut raisonnablement s'attendre à ce que ces recommandations s'appliquent aux procédures spécifiques d'autorisation des produits phytosanitaires.

Alors, bien sûr, les lobbies sont déjà à l'oeuvre pour amender les préconisations rigoureuses de ce comité scientifique, et même si elles passent, elles ne prendront effet qu'en 2020...

Bien sûr, les études demandées prendront des années, et seront jugées sur les critères créés par BASF, ce qui exclut presque toujours les études universitaires.

Mais ce texte est sorti, il existe, c'est la plus haute autorité européenne en matière de produits chimiques qui l'a écrit, et le soumettra au Conseil de l'Union et au Parlement européen dans les mois prochains : la preuve est faite que les français respirent, au quotidien,  des pesticides "boostés aux nano-particules", qui violent littéralement l’intégrité de leurs corps.

Grâce à ce texte officiel, on ne pourra plus dire qu’ "on ne savait pas".

* cf. points 17 à 19 projet de règlement modificatif de REACH:

http://ec.europa.eu/transparency/regcomitology/index.cfm?do=search.documentdetail&dos_id=15915&ds_id=56122&version=2&History=true&CLX=fr

" Bien que les essais de toxicité aiguë requis pour les seuils de quantité les plus faibles doivent être réalisés par voie orale, dans le cas des nanoformes, l’inhalation est considérée comme une voie d’exposition plus pertinente, et les essais devraient être requis par cette voie, sauf si l’exposition humaine est improbable. "

" Pour l’obtention d’informations sur la toxicité par doses répétées à court terme et la toxicité subchronique par inhalation, les essais réalisés sur une nanoforme devraient toujours inclure une détermination histopathologique des tissus cérébraux et pulmonaires, ainsi qu’un examen du liquide de lavage bronchoalvéolaire, une étude cinétique et une période de récupération appropriée, conformément à la ligne directrice de l’OCDE."